Stress post-traumatique des soldats : comment les thérapies du trauma aident
Cauchemars, hypervigilance, reviviscences : ce que les thérapies du trauma comme l'EMDR et l'exposition prolongée proposent aux anciens combattants.
Quand la guerre continue dans la tête
On imagine souvent le "héros de guerre" revenant indemne. La réalité est plus nuancée : de nombreux soldats rapportent, parfois des mois après leur retour, des cauchemars répétés, des sursauts au moindre bruit, une impression que le danger n'a jamais cessé. C'est le trouble de stress post-traumatique (TSPT ou PTSD).
Le TSPT n'est ni une faiblesse ni un défaut de courage. C'est la trace laissée par un événement où l'intégrité physique ou psychique a été menacée. Le cerveau, conçu pour nous protéger, garde la mémoire du danger "allumée" alors même que la menace a disparu.
Les grands signes
Le TSPT se reconnaît souvent à plusieurs manifestations :
- des reviviscences : images, sons ou sensations du traumatisme qui reviennent sans prévenir ;
- une hypervigilance : l'organisme reste en état d'alerte, le sommeil est fragmenté ;
- un évitement : on fuit tout ce qui rappelle l'événement ;
- un émoussement émotionnel, un sentiment de détachement.
L'EMDR : retraiter le souvenir
Parmi les approches les plus étudiées pour le trauma figure la désensibilisation et le retraitement par les mouvements oculaires, plus connue sous son sigle EMDR. Le principe : rappeler brièvement le souvenir douloureux tout en suivant du regard un stimulus qui va et vient (les mouvements oculaires, ou d'autres stimulations alternées).
L'idée est d'aider le cerveau à "digérer" une mémoire restée bloquée, pour qu'elle perde sa charge émotionnelle et redevienne un souvenir ordinaire, situé dans le passé. L'EMDR est aujourd'hui reconnue par plusieurs organisations de santé comme une option de première intention pour le TSPT.
L'exposition prolongée : approcher au lieu de fuir
L'autre grande voie est la thérapie de l'exposition prolongée. Elle part d'un constat simple : l'évitement soulage à court terme mais entretient la peur à long terme. Tant qu'on fuit le souvenir ou les situations qui le rappellent, on ne donne jamais au système d'alarme l'occasion d'apprendre que le danger est passé.
Dans un cadre progressif et sécurisant, accompagné par un thérapeute, la personne revisite le récit du traumatisme et se confronte, par étapes, aux situations évitées. Peu à peu, l'anxiété qui semblait ingérable diminue d'elle-même. Ce n'est pas de l'oubli : c'est un réapprentissage.
Reconstruire, pas seulement soigner
Au-delà des techniques, ces thérapies partagent une visée commune : redonner au vétéran la sensation d'être acteur de sa vie, et non prisonnier d'un passé. Beaucoup décrivent, avec le temps et l'accompagnement, un retour progressif du sommeil, des relations et du goût des choses.
Il faut le dire clairement : ces approches demandent du temps, un cadre professionnel et une alliance de confiance. Elles ne "effacent" pas ce qui a été vécu, mais elles permettent souvent de vivre avec, sans en être écrasé.
Si vous êtes concerné, vous ou un proche, un premier pas simple est d'en parler à un médecin ou à un psychologue formé au trauma. Le TSPT se traite, et demander de l'aide n'a rien d'une capitulation.
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Ces approches sont décrites plus en détail dans le Mémento des Psychothérapies. Cet article a une visée uniquement éducative et ne remplace pas une consultation médicale ou psychologique.
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